Attention au piège de vocabulaire : le taux de démarque n’a rien à voir avec le taux de marge. Le premier mesure ce que vous perdez, le second ce que vous gagnez. Les confondre conduit à des décisions de gestion absurdes.
Ce que le taux de démarque mesure
Le taux de démarque exprime la valeur des pertes de marchandise en pourcentage du chiffre d’affaires hors taxes de la période. Il se décline en deux sous indicateurs qu’il faut toujours lire ensemble : le taux de démarque connue, qui porte sur les pertes enregistrées, et le taux de démarque inconnue, qui porte sur l’écart inexpliqué.
Le taux de marge, lui, rapporte la marge commerciale au coût d’achat, et le taux de marque la rapporte au prix de vente. Les indicateurs se croisent sur un point et un seul : le taux de marque détermine combien de ventes supplémentaires il faut réaliser pour compenser une perte donnée. À 25 %, chaque euro perdu demande quatre euros de chiffre d’affaires.
Le calcul
Valeur des pertes divisée par le chiffre d’affaires hors taxes, multipliée par cent. Les pertes se valorisent au prix de revient : une valorisation au prix de vente gonfle artificiellement le taux en y incluant une marge jamais réalisée. Quelle que soit la convention, elle doit être précisée, sans quoi deux taux ne sont pas comparables.
Comment le lire
Un taux seul ne dit rien. Trois lectures le rendent exploitable.
- Dans le temps. La tendance sur quatre trimestres consécutifs, à périmètre constant, dit davantage que la valeur absolue.
- Par famille de produits. Un taux global de 1,2 % peut recouvrir 0,3 % sur l’épicerie et 4 % sur les spiritueux. Seule la seconde ligne appelle une action.
- Par rapport à des magasins comparables. Il n’existe pas, à notre connaissance, de statistique publique récente du taux de démarque inconnue en France. La comparaison utile se fait donc entre sites de la même enseigne, à format et assortiment proches, ou avec les repères issus d’audits de terrain.
Les seuils d’action
Sur le taux de démarque inconnue, trois paliers suffisent à décider.
- En dessous de 1 % : surveillance de routine, on maintient les contrôles existants.
- Entre 1 % et 2 % : action corrective, avec localisation par famille et par horaire avant toute décision d’investissement.
- Au dessus de 2 % : traitement prioritaire. À ce niveau, la perte annuelle dépasse fréquemment le résultat du point de vente.
Sur le taux de démarque connue, il n’existe pas de seuil universel : il dépend de la part de frais et de produits à date courte dans l’assortiment. La bonne référence est le magasin comparable de la même enseigne.
Le piège du solde net
Un taux calculé sur l’écart net compense les disparitions par les surmarques et masque les deux. La mesure utile est la somme des écarts en valeur absolue par référence. Elle est toujours supérieure au net, et c’est elle qui donne l’ampleur réelle du défaut de fiabilité du stock.
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Questions fréquentes
Ce qu’est le taux de démarque
Le taux de démarque rapporte la valeur des pertes de marchandise au chiffre d’affaires hors taxes de la période, en pourcentage. Il se lit toujours en deux parties, la démarque connue et la démarque inconnue, qui appellent des actions de nature différente.
Le calcul du taux de perte
Valeur des pertes divisée par le chiffre d’affaires hors taxes, multipliée par cent, avec numérateur et dénominateur exprimés dans la même base de prix. Le calcul par famille de produits est le seul qui permette ensuite de décider où agir.