La plupart des magasins qui luttent contre la démarque inconnue achètent la solution la plus visible avant d’avoir localisé la perte. Le résultat est connu : une dépense de sécurité, et un taux qui ne bouge pas. Voici l’ordre qui fonctionne, et ce que chaque type de solution traite vraiment.

Pour la définition, la formule et les seuils d’alerte, voir notre page de référence sur la démarque inconnue. Cet article part du principe que l’écart est constaté, et traite de la question suivante : que faire.

Pourquoi on choisit souvent la mauvaise solution

La démarque inconnue a trois sources : le vol externe, le vol interne et les erreurs de process. La première est la seule qu’on voit, la seule qu’on raconte, et la seule pour laquelle on vous propose spontanément un équipement. Les deux autres ne se filment pas et ne s’achètent pas : elles se corrigent par l’organisation.

Un magasin qui investit d’abord dans la surveillance traite donc au mieux une source sur trois. Si la perte dominante vient d’une réception signée sans comptage ou d’une casse jamais saisie, le nouveau dispositif ne produit aucun effet mesurable, et la conclusion tirée est souvent fausse : on en déduit que la démarque est incompressible.

Commencer par localiser

Un taux global ne permet aucune décision. La localisation se fait sur quatre axes, dans cet ordre.

Un magasin qui a parcouru ces quatre axes sait où agir. Celui qui ne dispose que d’un taux annuel ne peut que réagir, et il réagit généralement en achetant un équipement.

Les familles de produits les plus exposées

La perte se concentre sur les produits qui réunissent trois propriétés : une valeur unitaire élevée, un faible encombrement et une revente facile. Cosmétiques, parfumerie, spiritueux, électronique nomade, lames de rasoir et textile de marque cochent les trois cases.

À l’inverse, les familles pondéreuses à faible valeur unitaire produisent très peu de perte par vol et davantage de perte par erreur de manipulation ou de réception. La nature du problème change avec la famille, et le correctif aussi. C’est pourquoi un taux calculé sur l’ensemble du magasin mélange deux phénomènes qui n’ont ni la même cause ni le même traitement.

Ce que chaque solution traite réellement

Le marché propose quatre familles de réponses. Chacune a son domaine d’efficacité, aucune ne les couvre tous.

SolutionTraiteNe traite pas
Agent de sécurité en tenueUne partie du vol externe, par dissuasionLe vol interne, les erreurs de process, la fraude fournisseur
Antivol, portique, étiquetteLe vol externe sur les familles équipéesCe qui sort par la réserve ou le quai, et toutes les erreurs
Vidéo et analyse d’imageLa documentation des faits, après coupLes causes des écarts de gestion, qui ne se voient pas à l’image
Procédure et séparation des rôlesLes erreurs de process et une large part du vol interneLe vol externe, qu’elle n’empêche pas

La méthode découle de ce tableau : on ne choisit pas une solution, on choisit celle qui correspond à la cause que la mesure a désignée. Investir dans les deux premières lignes quand l’écart vient de la quatrième produit une dépense sans résultat.

Le coût complet d’une démarque

Une perte de marchandise se paie trois fois.

Ce troisième coût est le plus rarement chiffré, et souvent le plus élevé sur les familles à forte rotation. Il explique pourquoi deux magasins au même taux n’ont pas le même manque à gagner.

L’ordre des actions

  1. Fiabiliser la mesure. Vérifier que la casse, les retraits et les transferts sont saisis, par qui et quand. Tant que ce n’est pas le cas, le chiffre d’écart ne veut rien dire.
  2. Localiser sur les quatre axes décrits plus haut.
  3. Fermer la chaîne de contrôle de la réception à l’encaissement : comptage tracé à l’arrivée, séparation des rôles entre commande, réception et comptage, traçabilité nominative des annulations et des remises.
  4. Sécuriser seulement ensuite, avec le moyen adapté aux familles réellement touchées.

Combien de temps pour redresser

La fiabilisation de la mesure produit un effet visible au comptage suivant, donc en quelques semaines. Les actions sur la chaîne de contrôle se mesurent sur un à deux trimestres. Les actions de sûreté agissent vite, mais seulement sur leur périmètre.

Un plan qui promet un résultat global en un mois ignore que le premier chiffre fiable n’arrivera qu’au comptage suivant. La bonne première décision n’est donc pas une action corrective, c’est la mise en place d’un comptage assez fréquent pour que les suivantes soient évaluables.

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Questions fréquentes

Les moyens de lutte contre la démarque inconnue

Quatre familles de moyens existent : la surveillance humaine, les dispositifs antivol, la vidéo et l’organisation par procédures et séparation des rôles. Les trois premières traitent surtout le vol externe. La quatrième traite les erreurs de process et une grande part du vol interne.

Comment éviter la démarque inconnue

Elle ne s’annule pas, elle se contient. On y parvient en fiabilisant d’abord la saisie de la démarque connue, puis en localisant l’écart par famille, emplacement, horaire et opération, avant de fermer la chaîne de contrôle et de choisir le moyen de sûreté adapté.

Agent de sécurité ou antivol

Les deux traitent le vol externe et aucun ne traite les erreurs de process ni la fraude interne. Le choix dépend des familles touchées : l’antivol protège un périmètre précis de produits, l’agent agit par dissuasion sur l’ensemble du magasin. Aucun ne doit précéder la localisation de la perte.

Par quoi commencer

Par la mesure. Vérifier que la casse et les retraits sont réellement saisis, puis calculer le taux par famille de produits plutôt qu’en global. Cette seule étape suffit souvent à montrer que la perte n’est pas là où on la cherchait.

Pour aller plus loin